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MARIE DAILY

MARIE DAILY

Deco, Kids & co.

La presse en deuil

Comme passer sous silence cette triste journée?

J'ai pris connaissance des événements de Charlie Hebdo à l'issue de ma pause à midi, en me connectant quelques minutes avant de reprendre le travail. J'étais abasourdie. L'ensemble de mes collègues semblant ignorer les faits, je n'ai pas eu le goût de les informer et de commenter l'horreur, je me suis concentrée sur le travail.

En rentrant chez moi, j'étais hypnotisée par le fil infos des réseaux sociaux. Il m'était impossible d'être "normale" face à ma petite fille. Puis, en lui donnant son bain, nous avons chanté à tue tête en regardant cette vidéo du grand Duduche, dessinant pour "son meilleur public". Besoin de voir l'humanité joyeuse de son regard timide.

Ce soir, je me sens membre d'une famille, la presse. Cette presse que j'honnis souvent, qui m'enrage lorsqu'elle éclaire l'insignifiant en oubliant l'essentiel. Cette presse que j'aime d'amour car c'est là que sont nés et où on grandit mes idoles littéraires, Garcia Marquez, Simenon, Philip Roth. Cette presse souvent pute, parfois madone, parfois Marianne. Une relation d'amour-haine car j'ai beau avoir oublié/négligé d'aller chercher mon diplôme de l'Ecole de Journalisme (true story), j'écris et publie, modeste blogueuse.

Modeste blogueuse certes, mais aujourd'hui je pleure avec les caricaturistes, les photographes de presse, les reporters, les pigistes, les chroniqueurs, les éditorialistes, les stars de l'infortainment. Je pleure car je connais cette nécessité d'écrire. Je connais l'engagement inhérent à la production de contenu. Je sais la passion que peut susciter de l'encre sur du papier (il faut voir les commentaires que peut susciter un billet sur les Pampers, alors les caricatures d'un Dieu!) Je sais ce qu'est s'exposer, même devant 200 lecteurs.

J'ai besoin de savoir, j'ai besoin qu'on me dise, j'ai besoin qu'on m'informe, j'ai besoin d'écrire. J'espère qu'aucun journaliste ne fermera son stylo après le 7 janvier 2015.

Je terminerai avec ces mots de Laurent Joffrin : "Les terroristes ne se sont pas attaqués aux «islamophobes», aux ennemis des musulmans, à ceux qui ne cessent de crier au loup islamiste. Ils ont viséCharlie. C’est-à-dire la tolérance, le refus du fanatisme, le défi au dogmatisme. Ils ont visé cette gauche ouverte, tolérante, laïque, trop gentille sans doute, «droit-de-l’hommiste», pacifique, indignée par le monde mais qui préfère s’en moquer plutôt que d’infliger son catéchisme. Cette gauche dont se moquent tant Houellebecq, Finkielkraut et tous les identitaires… Les fanatiques ne défendent pas la religion, qui peut être accueillante, ils ne défendent pas les musulmans, qui sont révoltés dans leur immense majorité par ces meurtres abjects. Ils attaquent la liberté."

Je voudrais aussi en profiter pour rendre hommage aux journalistes qui nous ont quitté, sur le front, en 2014. Ils sont ici.

La presse en deuil

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