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MARIE DAILY

MARIE DAILY

Deco, Kids & co.

Etre parent à Londres vs. Bruxelles : Témoignage d'Annarita et Colm

Bonjour à tous !

J’espère que vous allez bien ! Il y a quelques semaines, j’avais proposé le témoignage d'Asya, bulgare et jeune maman habitant en Belgique. L’idée était de mettre en avant les spécificités de la parentalité en Belgique et celles de la parentalité en Bulgarie et, par-là, rendre compte de la diversité des approches.

Vous aviez été nombreux à vous montrer enthousiastes et c’était très très chouette. Ça m’a donné envie de continuer et j’ai donc interviewé Annarita, italienne et Colm, irlandais, habitant à Bruxelles et parents de deux adorables enfants Aidan, 2,5 ans et Aurelia, 1 ans et quelques mois. Aidan est né à Londres et la famille est venue habiter à Bruxelles avant la naissance de Aurelia ; Aidan était alors âgé de trois mois. Annarita a donc vécu deux suivis de grossesse et deux accouchements très différents, de chaque côté de la Manche.

Voici son témoignage...

Etre parent à Londres vs. Bruxelles : Témoignage d'Annarita et Colm

A propos du suivi de grossesse et de l’accouchement

« A Londres, le suivi de grossesse est beaucoup moins médicalisé qu’il ne l’est en Belgique, explique Annarita. Il y a seulement 3 échographies et tous les contrôles se font avec une sage-femme, pour autant que la grossesse ne soit pas catégorisée « à risque » et s’il n’y a pas de complication, les jeunes mamans et leur bébé quittent l’hôpital après 8h00 (comme Kate ndlr J) ». Il y a également des campagnes, notamment des vidéos dans les salles d’attente à l’hôpital, qui plaident pour l’accouchement physiologique (sans péridurale). Pour la gestion de la douleur, les obstétriciens recommandent l’accouchement dans l’eau. « Mais, explique Annarita, c’est vraiment du brainwashing. A la fin de ma grossesse, j’étais vraiment convaincue par l’accouchement sans péridurale. J’ai donc accouché dans l’eau. Par contre, ce qu’ils ne disent pas, c’est qu’avec la décontraction des muscles, le travail peut s’arrêter. C’est ce qui m’est arrivé ! Je suis arrivée à l’hôpital à la fin de mon travail, comme les obstétriciens le recommandent là-bas, mais une fois dans l’eau, la dilatation s’est arrêtée. Ca a finalement été beaucoup plus difficile. Pour mon accouchement en Belgique, j’avais tout à fait changé d’avis et j’ai demandé la péridurale ! ».

Sur l’accompagnement post-partum

En Angleterre, il y a également un gros lobby contre le lait en formule. « C’est vraiment du terrorisme psychologique !!!, témoigne Annarita, non sans humour ». « Malheureusement, on n’accompagne pas beaucoup les mamans pour l’allaitement. Les sages-femmes n’ont pas le temps, il y a un problème de staff. J’aime mieux l’approche en Belgique où on est moins moralisateur et où on aide vraiment les mamans à allaiter. En Angleterre, mon allaitement n’a pas fonctionné et en Belgique ça a été sans problème ».

Sur l’accueil de la petite enfance et le congé de maternité

Les crèches à Londres sont hors de prix (entre 1200 £ et 1800 £ par mois). Contrairement en Belgique où les gens souhaitent avoir des places dans les crèches publiques car le prix est avantageux et le service y est de qualité, les gens en Angleterre veulent éviter à tout prix les crèches publiques. Celles-ci ont très mauvaise réputation. Quitte à payer une fortune, les gens choisissent alors de confier leurs enfants à des Childminder (des accueillantes privées, ndlr).

En revanche, le congé de maternité est beaucoup plus avantageux qu’en Belgique. Pendant neuf mois, l’état paie 1200 £ à la maman et l’employeur doit payer le solde du salaire. Ensuite, on peut prolonger pendant 3 mois, sans toucher d’indemnités, mais l’employeur doit garder le poste vacant pour la maman. La maman peut aussi décider de céder son congé de maternité au papa, mais cela va peut-être changer : il y a des discussions pour pouvoir le partager au lieu de le céder entièrement.

Etre parent à Londres vs. Bruxelles : Témoignage d'Annarita et Colm

Des activités pour la petite enfance

En enchainant une nouvelle grossesse à son congé parental, Annarita est restée 15 mois à la maison. Annarita explique qu’elle a parfois été surprise par le fait que certaines mamans en Belgique n’étaient pas très désireuses de rester à la maison : «on me demandait parfois pourquoi j’avais envie de rester à la maison ». Elle explique aussi, « en Belgique, il y a énormément de choses qui sont mises à disposition des parents qui restent avec leurs enfants pendant la semaine. Il y a plein d’activité : la ludothèque, des cafés poussette, l’one, de nombreuses pleines de jeux ».

De l'entrée, en septembre, à l'école maternelle

A la maison, les enfants parlent italien et anglais. En mai, lorsque j'ai interviewé Annarita, elle s'interrogeait sur sa future scolarité qui devrait commencer en septembre.

Outre le fait que le français d'Aydan n'était pas encore suffisamment établi pour rassurer sa maman, les écoles maternelles belges semblaient un peu trop strictes à Annarita: "les horaires sont stricts, les enfants ont déjà des rythmes et des objectifs d'apprentissage élevés, etc". D'un autre côté Annarita n'était pas non plus tentée par l'école européenne et son milieu un peu élitiste.

Après avoir envisagé d'inscrire Aydan dans une école italienne très centrée sur l'apprentissage des langues, Annarita m'a finalement informé qu'entre temps, le français d'Aydan s'est amélioré et qu'elle était beaucoup plus à l'aise : "nous sommes sur la liste pour quelques écoles maternelles francophones. Je suis allée voir quelques classes et les enfants semblaient très contents. J'ai aussi eu l'occasion de parler aux enseignants et je suis beaucoup plus sereine".

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Un mot du papa?

A la fin de cette interview très intéressante, j'ai également eu l'occasion de demander à Colm, le papa, ce qu'il pensait de la paternité en Belgique. Pour lui, sa principale observation est qu'à Bruxelles, il y a beaucoup moins d'enfants qu'à Dublin, sa ville d'origine. C'est certainement du au fait que l'Irlande possède la population la plus jeune de l'Union européenne, mais pour lui, c'est important que les enfants puissent rencontrer, spontanément, d'autres enfants en rue en dehors des activités. Annarita et lui cherchent un logement en zone résidentielle pour leur famille et il espère que ses enfants pourront jouer en rue plus tard.

Merci Annarita et Colm pour votre confiance et vos jolies photos!

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Estelle 08/07/2015 19:36

Merci pour ce témoignage qui compare la Belgique et l'Angleterre! Etant donné que je vis à Londres, c'est intéressant d'avoir une petite comparaison (même si on ne compte pas avoir d'enfants dans l'immédiat) :-)